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#151 22-01-2009 14:36:47

Natacha
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Re: La langue de chez nous....

Mettre quelqu'un au violon (source inconnue)

Cette expression remonte au règne de Louis XI dit Saint-Louis (1274-1270).

A cette époque, le violon désignait une prison garnie d'une grille, attenante à un corps de garde ou un poste de police, où étaient enfermées provisoirement les personnes prises en flagrant délit.

On admet communément 2 origines qui sont vraisemblablement toutes les deux exactes et simultanées :

1. Selon un bail établi au Palais de Justice de Paris, un violon, fourni par les luthiers de la capitale, était destiné aux loisirs des prisonniers. C'est ainsi que l'on associa très vite violon et prison.
2. L'origine nait de l'analogie entre les cordes du violon et les barreaux de la prison.

Autre interprétation toute personnelle est qu'écouter quelqu'un qui joue très mal du violon est le même supplice que d'être enfermé en prison ...


La femme est la poésie, l'homme la prose.

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#152 22-01-2009 15:00:30

pat
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Re: La langue de chez nous....

Moi qui pensait vous faire sécher...je suis bluffé félicitations...rebizzz.


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#153 27-01-2009 09:33:39

Natacha
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Re: La langue de chez nous....

Dans le sujet « Pierre Perret et Georges Brassens » les uns s’efforcent à
« Crier haro (sur le baudet) » sur le premier les autres sur le second….
http://www.expressio.fr/expressions/cri … audet-.php
Cette expression signifie manifester publiquement son indignation ou sa réprobation envers quelqu'un ou quelque chose.
Désigner quelqu'un (parfois injustement) à la vindicte populaire.
Accuser un innocent, désigner un bouc émissaire.
Le terme 'haro', qui ne s'emploie plus maintenant que dans cette locution, a eu plusieurs usages autrefois.
Au XIVe siècle, il servait à exciter les chiens au cours d'une chasse, lorsque le gibier était surpris et que les canidés devaient le poursuivre.
Au XIIIe siècle, il était employé pour marquer la fin d'une foire ou bien la fin de la vente d'une denrée.
Au XIIe siècle, c'était un cri poussé par une personne qui se faisait agresser, ce qui donnait le droit et le devoir aux témoins et voisins de secourir l'infortuné et de capturer le coupable.
C'est principalement de cette dernière utilisation que vient le sens de notre expression puisqu'on y désignait un coupable devant les autres personnes présentes.
C'est encore une fois grâce à Jean de la Fontaine, dans la fable "Les animaux malades de la peste" , que ce terme a évité l'oubli vers lequel il se dirigeait.
C'est aussi grâce à lui que le baudet en est devenu le complément le plus connu, ce pauvre animal inoffensif y étant désigné injustement à la vindicte des autres animaux comme le responsable de l'épidémie qui s'est abattue sur eux (ceux qui n'ont pas trop fréquenté les radiateurs de fond de classe se souviendront peut-être de la fameuse phrase "ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés"). C'est donc dans cette fable que le baudet est pris pour un bouc (émissaire).


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#154 28-01-2009 01:09:54

Sitting Bull
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Re: La langue de chez nous....

Natacha,

Tu as raison, ne pas crier Haro sur le baudet !

Savoir que la plupart des grands de la chanson était des  "Trois Baudets" : y a-t-il une explication pour le nom de cette salle de spectacle historiquement mythique?

Je te lis régulièrement, Natacha, j'aime ta rubrique.

Amitié, bonne continuation !

Hugh !

Sitting

Dernière modification par Sitting Bull (28-01-2009 01:11:55)


Sitting Bull

à Georges Brassens,   CLIC -> -> -> ->  http://ca-rime-a-rien-ca-rime-atout.sim … /442762609

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#155 28-01-2009 16:42:21

Natacha
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Re: La langue de chez nous....

Bonjour
La rédaction nous propose ce jour un sujet intitulé « Perret et le pot aux roses »
Qu’est-ce que le pot aux roses ? http://www.expressio.fr/expressions/pot-aux-roses.php
Il s’agit là d’abord de secret, mystère, réalité bien cachée.

L’origine de cette expression remonte au XIIIe siècle.
Employée avec le verbe 'découvrir', elle est utilisée avec la même signification que découvrir le pot au XIVe et découvrir le pot pourri au XVe.
Mais si son utilisation ancienne est avérée, son origine est très discutée.
Pour certains, cela viendrait du pot contenant le rose dont les femmes se fardaient. Sa découverte levait le voile sur la 'tromperie' que représentait leur teint si agréable.
La plus probable des explications viendrait d'un mélange entre le couvercle du pot, récipient banal, qui une fois soulevé permettait d'en découvrir le contenu, et du complément aux roses pouvant évoquer une préparation rare voire secrète.
Sans oublier l'ajout éventuel de la valeur érotique de rose pour désigner la virginité, l'hymen.

Autre hypothèse (sans aucune preuve pouvant l'étayer) l'expression viendrait du vase de roses que laissaient les belles au bord de leur fenêtre afin que leur galant puisse y déposer un mot doux, sa découverte révélant leur relation.


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#156 29-01-2009 18:21:17

Natacha
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Re: La langue de chez nous....

Ce soir une autre expression avec une pensée pour P’tit tono….
« Se rincer la dalle / Avoir la dalle en pente » http://www.expressio.fr/expressions/se- … -pente.php
Signification: Boire /Avoir très soif
Même si certains ivrognes sont capables d'avaler des mixtures peu ragoûtantes dignes
de ce qu'on trouve dans les égouts, ce n'est pas d'une dalle de bouche d'égout dont il est question ici ;
ni d'une dalle funéraire, même si certains abus de boisson peuvent mener directement au cimetière,
car si on boit, c'est que tout n'est pas si rose !( cyrhose)…

Au XIVe siècle, 'dalle' vient de l'ancien nordique 'daela' qui signifie 'évier' (de cuisine),
mais aussi 'rigole' ou 'gouttière'.
Ce sont ces deux dernières significations qui, au XVe, ont donné naissance au sens métaphorique de 'gosier',
ce dernier pouvant finalement n'être considéré que comme une rigole qui dirige le liquide vers l'estomac.

Malgré l'ancienneté de la métaphore, ces deux expressions ne sont nées qu'au XIXe siècle.
A la même époque, 'boire' se disait aussi "se rincer le corridor".

Notez que se rincer la dalle s'utilise pour n'importe quelle boisson, y compris de l'eau la plus plate possible,
et même en petite quantité, alors que avoir la dalle en pente s'applique aux grands buveurs de boissons alcoolisées.

...et glou, et glou....


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#157 29-01-2009 19:20:09

P'tit tono
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Re: La langue de chez nous....

Ben tiens donc !
J'm'en fout ...contre la dalle en pente j'ai un remède !!

http://images4.hiboox.com/images/0509/e17415622f4a6c9a2cfb4a01eb8c3179.jpg?0


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#158 31-01-2009 10:21:29

pat
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Re: La langue de chez nous....

Beaucoup d admirateurs de brassens ont aujourd hui une dent contre Pierrot(pas la famine celui de la contre-basse,l autre celui d a capella).Mais quelle dent?....


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#159 31-01-2009 15:16:00

Natacha
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Re: La langue de chez nous....

Bonjour
Bonne question Pat :
« Avoir une dent contre quelqu'un » http://www.expressio.fr/expressions/avo … lqu-un.php
signifie avoir de la rancune, du ressentiment,
des griefs envers quelqu'un, et surtout lui en vouloir...

Le rancunier est souvent quelqu'un d'amer. On peut donc légitimement se poser la question de savoir s'il ne s'agirait pas ici des dents de l'amer ?
Quoi qu'il en soit, une maman digne de ce nom ne peut avoir de ressentiment grave envers son enfant, quand bien même serait-elle maire et amère. On éliminera donc sans regrets les dents de l'amère mère maire.

Il faut remonter au XIVe siècle pour trouver les premiers usages de cette expression
où on disait plutôt "avoir la dent (les dents) à (sur) quelqu'un". Nul doute qu'à l'époque,
les individus devaient facilement avoir une dent contre les arracheurs de chicots
qui sévissaient sans vergogne, à la tenaille et sans anesthésie.
Lorsque, dans cette ancienne forme de l'expression, on remplaçait la personne par une chose,
la locution signifiait alors "être passionné par", "convoiter ardemment" ou "s'acharner sur".

Mais pourquoi une dent ? Pour le comprendre, il suffit de savoir qu'à partir du XIVe siècle,
le mot 'dent', au sens figuré, exprimait l'agressivité ou la malveillance.
On en imagine aisément la raison : non seulement la dent est à la fois un symbole de dureté
et de morsure, mais l'animal qui "montre ses dents" a un comportement agressif.
Ne disait-on point, d'ailleurs "ne faire apparaître aucune dent" pour "ne montrer aucune agressivité" ?

A la même époque, "une dent de lait" était une rancune, une animosité de longue date.
C'est pourquoi, un peu plus tard, on retrouve chez Molière, dans "Le bourgeois gentilhomme",
l'expression "avoir une dent de lait contre quelqu'un".

Toutefois, rien ne dit pourquoi on a glissé de la ou les dent(s), articles définis, à une dent, article indéfini.


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#160 03-02-2009 19:47:47

Natacha
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Re: La langue de chez nous....

Bonsoir
Dans la chanson « Les croquants » Georges Brassens parle de la foire à l’encan.
« Mettre/Vendre à l'encan » http://www.expressio.fr/expressions/met … -encan.php
à pour signification vendre au rabais ou aux enchères des biens dont on ne souhaite pas réellement se débarrasser. Proposer un bien au plus offrant.
Venu du latin "in quantum" (voulant dire "pour combien"), en passant par le latin médiéval 'incantus' puis par le moyen français 'enchant', le mot 'encan' n'est plus aujourd'hui utilisé que dans la locution adverbiale "à l'encan" précédée d'un verbe dont le plus fréquent est 'mettre'.
"À l'encan" signifiait "aux enchères".
Mais l'usage de cette locution a été restreint à une vente quasiment forcée, lorsqu'une personne est contrainte de mettre en vente ses biens, à un prix sous-évalué en raison d'un besoin urgent d'argent.
Mettre à l'encan est donc plutôt un signe de déchéance et, pour de belles collections, de dispersion d'objets longuement et amoureusement amassés.
Depuis le début du XVIIe siècle, "vendre à l'encan" veut aussi dire "vendre au plus offrant".


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#161 06-02-2009 18:26:00

Natacha
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Re: La langue de chez nous....

Dans les chansons de G.Brassens il est parfois question de moutons mais aussi de bergers et de bergères .
Imaginons sur un air de Jean Nohain et Mireille :
Quand un berger
Rencontre une autre bergère,
Qu'est-ce qu'ils se racontent?
Des histoires de moutons …….
Bref tout cela pour vous mener jusqu’à l’expression suivante.
« La réponse du berger à la bergère » http://www.expressio.fr/expressions/la- … ergere.php
La réponse qui clôt la discussion, sans possibilité d'y revenir.
Le dernier mot. Une manière de rendre à quelqu'un la pareille…
Cette expression, dans son premier sens, vient du XVIIe siècle et du suivant, une époque où les pastorales,
histoires plutôt naïves vantant l'harmonie entre l'homme et la nature, étaient revenues à la mode (elles datent de l'Antiquité).

Dans ces histoires, il est fréquemment question de bergers et de bergères qui, bien entendu,
ont autant d'histoires d'amour que de querelles.
Et c'est pour cela qu'à la même époque que les termes 'berger' et 'bergère' ont pris le sens figuré d'amant et d'amante (alors que ça n'a pas été le cas des boulanger/boulangère ou poissonnier/poissonnière, ces derniers faisant nettement moins travailler l'imagination). La bergère, souvent décrite comme une fille facile, est même à un moment devenu synonyme de "fille de mauvaise vie".

C'est probablement des pastorales d'Honorat de Bueil, marquis de Racan, intitulées les Bergeries, qu'est née l'expression.
En effet, dans de nombreux dialogues entre le berger et la bergère, c'est le premier qui a le dernier mot.

Le deuxième sens de cette expression est contemporain (XXe siècle). Il reprend l'expression originale, un peu oubliée, et se base sur le sens propre des mots 'berger' et 'bergère'. En effet, c'est le fait de faire le même métier, d'avoir les mêmes connaissances, qui fait que l'un est capable de faire à l'autre ou pour l'autre ce qu'il lui a fait, de lui rendre la monnaie de sa pièce.
Mais le fait de rendre la pareille à l'autre, c'est aussi parfois vouloir avoir le dernier mot.

Dernière modification par Natacha (06-02-2009 18:26:49)


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#162 08-02-2009 10:21:06

Natacha
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Re: La langue de chez nous....

Bonjour,
Lue dans le sujet « Lachez lui la grappe » l’expression chère à P’tit tono :
Prendre de la bouteille http://www.expressio.fr/expressions/avo … teille.php
Signification: Vieillir (en se bonifiant) ou acquérir de l'expérience, de la maturité.
Ceux qui ont eu l'occasion de savourer un verre de Pommard 59 savent ce que prendre de la bouteille
signifie pour un vin de garde.
Cette expression a d'abord été associée uniquement aux vins et autres alcools,
ce qui se comprend aisément pour un liquide qui vieillit en bouteille, même si la syntaxe bizarre
ne semble pas être expliquée (en quoi un alcool "prend-il" de la bouteille dans laquelle il se trouve ?)

Puis, par extension, elle s'est appliquée à tout ce qui vieillit, l'Homme en particulier.
Par analogie avec le vin qui se bonifie, elle s'utilise souvent pour désigner quelqu'un
qui a acquis ou va acquérir de l'expérience ou de la maturité avec le temps.
Mais on l'emploie aussi simplement en synonyme de 'vieillir', sans autre sous-entendu,
tant on sait bien qu'un vin ne se bonifie pas forcément dans sa cave, derrière les fagots.
Bon dimanche.


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#163 08-02-2009 15:06:28

Sitting Bull
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Re: La langue de chez nous....

Et cela peut nous amener à dire...
Permettez-moi, une pointe d'humour :

Ce sont les tonneaux vides qui font le plus de bruit.

(Proverbe français ou Juif suivant les sites)...

Superbe rubrique, Natacha, je viens souvent lire ici !

Hugh !

Amitié.

Sitting

Sitting

Dernière modification par Sitting Bull (08-02-2009 15:07:49)


Sitting Bull

à Georges Brassens,   CLIC -> -> -> ->  http://ca-rime-a-rien-ca-rime-atout.sim … /442762609

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#164 08-02-2009 15:16:39

Bagou
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Re: La langue de chez nous....

http://pagesperso-orange.fr/caucourt/Route%20du%20Patois/Fresnicourt/route_du_patois-fresnicour-tonio_mini.jpg
Un tonneau vide,ça fait toujours beaucoup de bruit.

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#165 08-02-2009 17:59:46

P'tit tono
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Re: La langue de chez nous....

....et un p'tit tono plein , j'vous dis pas !...


Dieu n'avait fait que l'eau, mais l'homme a fait le vin.
Victor Hugo

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#166 10-02-2009 16:10:21

pat
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Re: La langue de chez nous....

En me voyant partir,arborant mon toupet,arborant mon toupet....bien sur c est une mèche de cheveux(qui venait ressuciter...)ah non c est Adamo,mais quel rapport avec l expression"avoir du toupet".Natacha,pardonnez le mien!!


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#167 10-02-2009 18:14:54

Fernanda
Invité

Re: La langue de chez nous....

Chère Natacha, on apprend beaucoup en vous lisant.
Et l'expression "Lacher la grappe" ?
Merci pour vos lumières.

 

#168 10-02-2009 18:17:50

Natacha
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Re: La langue de chez nous....

Bonsoir
Toupet  et toupet c’est du pareil au même !...
Avoir du toupet (source inconnue)
signifie avoir de l’audace ou du culot .
Au XVIe siècle, on trouvait en Italie des "bravi", sortes de tueurs à gages, auxquels les grands seigneurs faisaient parfois appel pour se débarasser de leurs concurrents. Les bravi étaient rarement condamnés puisque protégés par les commanditaires des meurtres. Pour autant, ils ne souhaitaient pas être reconnus.
C'est pourquoi ils se cachaient à l'aide d'un "toupet", sorte de grosse tresse de cheveux,(CQFD) qu'ils rabattaient sur leur visage au moment d'agir.
Ils utilisaient également parfois des bas et se laissaient pousser la moustache. Aujourd'hui, on dit d'une personne qu'elle "a du toupet" lorsqu'elle fait preuve d'une grande audace, en référence aux bravi d'Italie qui tuaient de sang-froid pour de l'argent.

Dernière modification par Natacha (10-02-2009 18:18:54)


La femme est la poésie, l'homme la prose.

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#169 10-02-2009 18:26:35

Natacha
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Re: La langue de chez nous....

Merci  Fernanda…
Voici deux expressions en une !
« Lâcher les baskets / la grappe » http://www.expressio.fr/expressions/lac … grappe.php
signifie donc arrêter d'importuner ou laisser tranquille.
On sait que coller aux basques de quelqu'un, c'est le suivre de très près, ne pas le lâcher d'une semelle, la plupart du temps au point de l'importuner parfois fortement.

Mais, les temps ont passé et les basques ont disparu. Par contre, les importuns se manifestent toujours (avec de bons exemples comme dans le film "l'emmerdeur", par exemple).
C'est depuis les années 70 que, dans la langue populaire, "coller aux basques" a assez logiquement été remplacé par "coller aux baskets" de même sonorité mais se rapportant à des éléments d'habillement portés de nos jours.

Or, lorsque quelqu'un nous importune, nous 'colle' de trop près, comme s'il était férocement agrippé à nos baskets, quoi de plus naturel, quand on veut s'en débarrasser, que de lui dire lâche-moi les baskets !.

Maintenant, pourquoi lâche-t-on aussi la 'grappe' avec le même sens de l'expression ? ...(Hey P'tit tono ?)
En y regardant de près, mais à condition d'avoir la vue un peu trouble, on peut facilement assimiler le service trois pièces, ce que l'homme a entre les jambes, à un magnifique cep sous lequel est accrochée une superbe grappe. Certes, elle ne comporte que deux raisins, mais ce ne sont généralement pas ceux de la colère et, de plus, ils sont sans pépins.
C'est bien de cette 'grappe' argotique qu'il s'agit ici, avec un probable jeu de mot sur le 'grappin', cet objet qui fait que l'emmerdeur reste collé à vous, ne vous lâche plus.

Je crois que cette seconde version va plaire à Fernanda !


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#170 13-02-2009 14:34:55

Fernanda
Invité

Re: La langue de chez nous....

Je viens respirer dans votre espace un peu d’air pur après la visite de ce site nauséabond dénoncé par JMD (hallucinant !).
Avez-vous une explication pour l’origine de cette  expression si couramment employée :«  haro sur le baudet » ?
Merci pour vos lumières ! Et encore bravo pour votre pertinence  dans cette matière  passionnante pour les amoureux des mots et ils sont légion sur ce site.

 

#171 13-02-2009 14:40:00

Sitting Bull
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Re: La langue de chez nous....

Euh...«  haro sur le baudet » ?

Chère Fernanda,

Cliquez sur la page 7 de ce post, l'explication s'y trouve....

Amicalement.

Sitting


Sitting Bull

à Georges Brassens,   CLIC -> -> -> ->  http://ca-rime-a-rien-ca-rime-atout.sim … /442762609

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#172 13-02-2009 14:48:34

Fernanda
Invité

Re: La langue de chez nous....

Zut et rezut, je vais illico vers la page 7 et désolée pour ce bégayage ...
Merci, Sitting
Et je reviens de la page 7:  les explications de Natacha sont formidables de clarté et d'érudition! Bravo !

Dernière modification par Fernanda (13-02-2009 14:52:14)

 

#173 13-02-2009 16:36:59

Natacha
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Re: La langue de chez nous....

Merci encore Fernanda...
J'avoue que je commence aussi à m'y perdre...
"Telle expression l'ai-je déjà évoquée ou pas ?..."Disons que cette rubrique diffère de celles où il est question de
« querelles intestines » http://www.expressio.fr/expressions/des … stines.php
Signifie des dissensions, des conflits qui se passent à l'intérieur d'un groupe.
Quand on vous parle d'intestin, vous pensez immédiatement à cette longue chose, grosse ou grêle mais toujours peu ragoûtante (sauf à la mode de Caen) qui déborde du ventre quand on se fait Hara-Kiri
Et quand on évoque les querelles intestines, vous vous dites peut-être que, compte tenu de la foultitude de bactéries diverses qui grouillent là-dedans, il n'est absolument pas possible qu'elles puissent être d'accord sur tout et que, du coup, les bagarres ou simples querelles bactériennes doivent être fréquentes ; jusqu'à ce qu'un bon antibiotique mette tout ce petit monde d'accord.

Mais c'est oublier que l'adjectif intestin vient du latin 'intestinus' qui signifiait 'intérieur'.
C'est ainsi qu'au XIVe siècle, cet adjectif voulait déjà dire "qui se passe à l'intérieur de quelque chose".

Dans notre expression, qui date de la fin du XVIIe siècle, ce "quelque chose" désigne un groupe social comme une entreprise, une association ou un parti politique, par exemple.
Et c'est vrai que les partis politiques sont des endroits où la soif de pouvoir des uns et des autres, alors qu'il n'y pas de place pour tout le monde au sommet, fait que les querelles intestines y sont monnaie courante.

Voilà ; sur ce je vous quitte pour une semaine de vacances , je vais chercher un peu de soleil loin d'ici.
Amicalement.


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#174 24-02-2009 11:40:41

Natacha
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Re: La langue de chez nous....

Bonjour
S'ils trouv'nt une corde à leur goût,
Ils me la passeront au cou.
Voilà le lien est fait avec le sujet « La corde » & Mouloudji.
« Passer la corde au cou » http://www.expressio.fr/expressions/la-corde-au-cou.php
Complètement à la merci de quelqu'un
ou bien être dans une situation périlleuse ou désespérée.

C'est par un long chemin que le mot 'corde' a fini par désigner ce long truc en chanvre qui sert aussi bien à attacher des objets ensemble, qu'à faire passer de vie à trépas des condamnés à mort ou qu'à gravir des sommets, par exemple.
En effet, le terme vient apparemment du très ancien mot hititte   'karad', passé ensuite au grec 'khordê', les deux désignant les intestins, boyaux qui ont servi à faire des cordes avant que, dans la plupart des usages (mais pas dans les raquettes, par exemple), le chanvre puis d'autres matériaux plus modernes viennent remplacer la tubulure digestive dans leur confection.

Le premier sens de l'expression, qui date du début du XVe siècle, est une métaphore qui vient des vaincus qui se livrent. Pensez à l'histoire de la reddition des bourgeois de Calais , qui se mettent à la merci d'Édouard III en se présentant devant lui pieds nus, en chemise et une corde au cou.
C'est de cette même image d'asservissement, mais à son épouse, cette fois, qu'on dit d'un homme qui se marie qu'il se met la corde au cou. Ce qu'aucun homme marié lisant ces lignes ne pourra contredire, bien entendu...

Quant au deuxième sens, qui correspond parfaitement à la situation dans laquelle je me suis mise[1] vis-à-vis de la gent féminine en écrivant ma précédente phrase, c'est également une métaphore qui vient bien évidemment de l'usage funeste qui peut être fait d'une corde, lorsque le condamné à être pendu se trouve sous la potence, le noeud coulant déjà passé autour du cou.

[1] À peine volontairement : il fallait bien trouver un moyen d'illustrer la chose...


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#175 25-02-2009 08:30:41

P'tit tono
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Re: La langue de chez nous....

Toujours en liaison avec l'autre sujet sur la corde et mouloudji...
...et pour illustrer le second sens évoqué par Natacha !
La corde au cou c'est mieux qu'une "mise en bière" non ??
Quoi que.......


http://images1.hiboox.com/images/0909/c1cf48de056f19b4ff94022b251f5941.jpg?24


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