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#1 17-09-2018 23:22:47

Sitting Bull
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Du "Père Hugo" à "Tonton Georges"...

Du "Père Hugo" à "Tonton Georges"...

... il y a sans doute, un terreau commun, des similitudes voulues ou pas qui donnent du plaisir aux mots.

Dans ce poème-ci de Victor Hugo, ne retrouve-t-on pas avec bonheur, des papillons qu'on ne chasse pas, une Margot légère,
des pervenches qui ne fanent pas et une teinte un brin rabelaisienne


Mai

Je ne laisserai pas se faner les pervenches
Sans aller écouter ce qu'on dit sous les branches
Et sans guetter, parmi les rameaux infinis,
La conversation des feuilles et des nids.
Il n'est qu'un dieu, l'amour ; avril est son prophète.
Je me supposerai convive de la fête
Que le pinson chanteur donne au pluvier doré ;
Je fuirai de la ville, et je m'envolerai
- Car l'âme du poète est une vagabonde -
Dans les ravins où mai plein de roses abonde.
Là, les papillons blancs et les papillons bleus,
Ainsi que le divin se mêle au fabuleux,
Vont et viennent, croisant leurs essors gais et lestes,
Si bien qu'on les prendrait pour des lueurs célestes.
Là, jasent les oiseaux, se cherchant, s'évitant ;
Là, Margot vient quand c'est Glycère qu'on attend ;
L'idéal démasqué montre ses pieds d'argile ;
On trouve Rabelais où l'on cherchait Virgile.
Ô jeunesse ! ô seins nus des femmes dans les bois !
Oh ! quelle vaste idylle et que de sombres voix !
Comme tout le hallier, plein d'invisibles mondes,
Rit dans le clair-obscur des églogues profondes !
J'aime la vision de ces réalités ;
La vie aux yeux sereins luit de tous les côtés ;
La chanson des forêts est d'une douceur telle
Que, si Phébus l'entend quand, rêveur, il dételle
Ses chevaux las souvent au point de haleter,
Il s'arrête, et fait signe aux Muses d'écouter.

Victor Hugo (6 mai 1874 ou 1875).


trouvé dans les annexes de   L'Art d'Être Grand-Père



....


Bonne Nuit à Toutes, Tous.

Dernière modification par Sitting Bull (17-09-2018 23:24:57)


Sitting Bull

à Georges Brassens,   CLIC -> -> -> ->  http://ca-rime-a-rien-ca-rime-atout.sim … /442762609

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#2 18-09-2018 09:25:12

Yann T
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Re: Du "Père Hugo" à "Tonton Georges"...

Belle trouvaille !
Une inspiration pour GB qui aimait V.Hugo ?
Vas savoir ...


De la musique avant toute chose.
Paul Verlaine.

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#3 18-09-2018 09:43:45

ninon9
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Re: Du "Père Hugo" à "Tonton Georges"...

Tres beau comme toute la poésie d'Hugo!

D'accord avec toi, Bagou...heu, j'voulais dire Yann! (coucou Bagou!) Brassens s'est probablement inspiré de Victor Hugo  et d'autres grands poètes (Lamartine etc...) tant il était admiratif de leur talent.

J'ai quand même cherché sur le dictionnaire ce que voulait dire " Eglogues"

"églogue
nom féminin

    Petit poème pastoral ou champêtre.
    synonymes :    bucolique, idylle, pastorale"

On comprend mieux!

Dernière modification par ninon9 (19-09-2018 12:41:44)


...en rigolant pour faire semblant de n'pas pleurer...

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#4 18-09-2018 09:55:35

Le gorille
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Re: Du "Père Hugo" à "Tonton Georges"...

ninon9 a écrit:

......D'accord avec toi, Bagou!......

Il a dit quoi Bagou ???
Il est où Bagou ???
Tu le vois où Bagou ???

il faut arrêter de piCCOler copine Ninon !

En ce moment tu dois être la seule à avoir tes entrées chez P'tit tono !

Mais bon c'est comme ça aussi qu'on t'aime !


Les jeunes gorilles sont amicaux, mais ça leur passe vite.

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#5 18-09-2018 10:35:59

P'tit tono
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Re: Du "Père Hugo" à "Tonton Georges"...

Mea Culpa ...
J'aurais jamais du la laisser repartir non accompagnée !

https://zupimages.net/up/18/38/1b99.jpg


Dieu n'avait fait que l'eau, mais l'homme a fait le vin.
Victor Hugo

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#6 18-09-2018 20:57:33

ninon9
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Re: Du "Père Hugo" à "Tonton Georges"...

Hou lala ça va mal chez moi les copains!

Je mélange les pages!!! Je venais de citer Bagou sur le sujet d'avant!!!

Après les fautes d'orthographe, je confonds les prénoms!!!

Je demande toute l'indulgence du jury et vous promets, Mr le President de la cour, de ne plus faire aucune faute et de ne plus confondre mes copains à ma sortie de l'asile psychiatrique!!!


...en rigolant pour faire semblant de n'pas pleurer...

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#7 18-09-2018 21:33:25

Sitting Bull
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Re: Du "Père Hugo" à "Tonton Georges"...

"Gastibelza" (datant probablement de 1870), à l'époque de Victor Hugo, avait déjà été mis en musique, donc bien avant Brassens,  par un certain  Hippolyte Monpou

Victor Hugo, contrairement à une idée reçue, aimait assez que ses vers soient chantés.

D'ailleurs le succès de "Gastibelza" fut tel qu'un certain Charles Colmance en fit une parodie : Le pantalon.

Hum, avec "Ninon" pour personnage, dedans :

"J'ai vu briller l'aurore du dimanche
Et sur mon lit
J'ai mon gilet, j'ai ma cravate blanche
Mon bel habit
Je dois ce soir me trouver à la banque
Avec Ninon
Qu'irai-je faire hélas ! puisqu'il me manque
Un pantalon."

Source : l'ouvrage "La chanson française pour les Nuls" de l'excellent Bertrand Dicale.


http://www.ma-petite-chanson.com/article-34057439.html

Bonne Soirée à Toutes, Tous


Sitting Bull

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#8 19-09-2018 12:44:48

ninon9
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Re: Du "Père Hugo" à "Tonton Georges"...

Oui oui, j'l'avais complètement oublié ce copain là monsieur le psychiatre!!!!!


...en rigolant pour faire semblant de n'pas pleurer...

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#9 19-09-2018 13:11:21

Sitting Bull
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Re: Du "Père Hugo" à "Tonton Georges"...

smile

Les premiers vers de Victor Hugo



CLIC, ci-dessous :


http://www2.cndp.fr/themadoc/hugo/phosphatine.htm


Bonne Soirée à Toutes, Tous.


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#10 19-09-2018 14:20:44

P'tit tono
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Re: Du "Père Hugo" à "Tonton Georges"...

...et le dernier verre Victor Hugo !

https://zupimages.net/up/18/38/q70a.jpg


Dieu n'avait fait que l'eau, mais l'homme a fait le vin.
Victor Hugo

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#11 20-09-2018 19:26:53

Sitting Bull
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Re: Du "Père Hugo" à "Tonton Georges"...

ninon9 a écrit:

Tres beau comme toute la poésie d'Hugo!



"églogue
nom féminin

    Petit poème pastoral ou champêtre.
    synonymes :    bucolique, idylle, pastorale"

On comprend mieux!

De Genio libri

de Victor Hugo


avec des références mythologiques comme Brassens aimait "imager", et  souvent pour des sous-entendus frivoles


un petit extrait de ce long poème (avec à nouveau la présence de Ninon   smile    )   :


...

[...]  (la demi-moitié, fin du poème, à retrouver entier dans le lien URL, en bas)


Invente une églogue lyrique
Prenant terre au bois de Meudon,
Où le vers danse une pyrrhique
Qui dégénère en rigodon.

Si Loque, Coche, Graille et Chiffe
Dans Versailles viennent à toi,
Présente galamment la griffe
À ces quatre filles de roi.

Si Junon s’offre, fais ta tâche ;
Fête Aspasie, admets Ninon ;
Si Goton vient, sois assez lâche
Pour rire et ne pas dire:Non.

Sois le chérubin et l’éphèbe.
Que ton chant libre et disant tout
Vole, et de la lyre de Thèbe
Aille au mirliton de Saint-Cloud.

Qu’en ton livre, comme au bocage,
On entende un hymne, et jamais
Un bruit d’ailes dans une cage !
Rien des bas-fonds, tout des sommets !

Fais ce que tu voudras, qu’importe !
Pourvu que le vrai soit content ;
Pourvu que l’alouette sorte
Parfois de ta strophe en chantant;

Pourvu que Paris où tu soupes
N’ôte rien à ton naturel ;
Que les déesses dans tes groupes
Gardent une lueur du ciel ;

Pourvu que la luzerne pousse
Dans ton idylle, et que Vénus
Y trouve une épaisseur de mousse
Suffisante pour ses pieds nus ;

Pourvu que Grimod la Reynière
Signale à Brillat-Savarin
Une senteur de cressonnière
Mêlée à ton hymne serein ;

Pourvu qu’en ton poème tremble
L’azur réel des claires eaux ;
Pourvu que le brin d’herbe y semble
Bon au nid des petits oiseaux ;

Pourvu que Psyché soit baisée
Par ton souffle aux cieux réchauffé ;
Pourvu qu’on sente la rosée
Dans ton vers qui boit du café.


(Les Chansons des rues)


Voilà pour ma recherche de ce jour... en gras, deux mots peu fréquents qu'on retrouve dans certaines chanson de Brassens


source :


https://maitrevictorhugo.fr/genio-libri/

Dernière modification par Sitting Bull (22-09-2018 12:42:27)


Sitting Bull

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#12 29-09-2018 16:43:37

Sitting Bull
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Re: Du "Père Hugo" à "Tonton Georges"...

Dans la chanson  "Jeanne Martin",


Brassens chante qu'il a sa "Tritesse d'Olympio"...

et ce n'est pas pour faire joli qu'il utilise cette référence, à Victor Hugo, d'où, je ne résite pas au plaisir de vous mettre ce long, mais beau poème :


Tristesse d'Olympio


Les champs n'étaient point noirs, les cieux n'étaient pas mornes.
Non, le jour rayonnait dans un azur sans bornes
Sur la terre étendu,
L'air était plein d'encens et les prés de verdures
Quand il revit ces lieux où par tant de blessures
Son coeur s'est répandu !

L'automne souriait ; les coteaux vers la plaine
Penchaient leurs bois charmants qui jaunissaient à peine ;
Le ciel était doré ;
Et les oiseaux, tournés vers celui que tout nomme,
Disant peut-être à Dieu quelque chose de l'homme,
Chantaient leur chant sacré !

Il voulut tout revoir, l'étang près de la source,
La masure où l'aumône avait vidé leur bourse,
Le vieux frêne plié,
Les retraites d'amour au fond des bois perdues,
L'arbre où dans les baisers leurs âmes confondues
Avaient tout oublié !

Il chercha le jardin, la maison isolée,
La grille d'où l'oeil plonge en une oblique allée,
Les vergers en talus.
Pâle, il marchait. - Au bruit de son pas grave et sombre,
Il voyait à chaque arbre, hélas ! se dresser l'ombre
Des jours qui ne sont plus !

Il entendait frémir dans la forêt qu'il aime
Ce doux vent qui, faisant tout vibrer en nous-même,
Y réveille l'amour,
Et, remuant le chêne ou balançant la rose,
Semble l'âme de tout qui va sur chaque chose
Se poser tour à tour !

Les feuilles qui gisaient dans le bois solitaire,
S'efforçant sous ses pas de s'élever de terre,
Couraient dans le jardin ;
Ainsi, parfois, quand l'âme est triste, nos pensées
S'envolent un moment sur leurs ailes blessées,
Puis retombent soudain.

Il contempla longtemps les formes magnifiques
Que la nature prend dans les champs pacifiques ;
Il rêva jusqu'au soir ;
Tout le jour il erra le long de la ravine,
Admirant tour à tour le ciel, face divine,
Le lac, divin miroir !

Hélas ! se rappelant ses douces aventures,
Regardant, sans entrer, par-dessus les clôtures,
Ainsi qu'un paria,
Il erra tout le jour, vers l'heure où la nuit tombe,
Il se sentit le coeur triste comme une tombe,
Alors il s'écria :

" O douleur ! j'ai voulu, moi dont l'âme est troublée,
Savoir si l'urne encor conservait la liqueur,
Et voir ce qu'avait fait cette heureuse vallée
De tout ce que j'avais laissé là de mon coeur !

Que peu de temps suffit pour changer toutes choses !
Nature au front serein, comme vous oubliez !
Et comme vous brisez dans vos métamorphoses
Les fils mystérieux où nos coeurs sont liés !

Nos chambres de feuillage en halliers sont changées !
L'arbre où fut notre chiffre est mort ou renversé ;
Nos roses dans l'enclos ont été ravagées
Par les petits enfants qui sautent le fossé.

Un mur clôt la fontaine où, par l'heure échauffée,
Folâtre, elle buvait en descendant des bois ;
Elle prenait de l'eau dans sa main, douce fée,
Et laissait retomber des perles de ses doigts !

On a pavé la route âpre et mal aplanie,
Où, dans le sable pur se dessinant si bien,
Et de sa petitesse étalant l'ironie,
Son pied charmant semblait rire à côté du mien !

La borne du chemin, qui vit des jours sans nombre,
Où jadis pour m'attendre elle aimait à s'asseoir,
S'est usée en heurtant, lorsque la route est sombre,
Les grands chars gémissants qui reviennent le soir.

La forêt ici manque et là s'est agrandie.
De tout ce qui fut nous presque rien n'est vivant ;
Et, comme un tas de cendre éteinte et refroidie,
L'amas des souvenirs se disperse à tout vent !

N'existons-nous donc plus ? Avons-nous eu notre heure ?
Rien ne la rendra-t-il à nos cris superflus ?
L'air joue avec la branche au moment où je pleure ;
Ma maison me regarde et ne me connaît plus.

D'autres vont maintenant passer où nous passâmes.
Nous y sommes venus, d'autres vont y venir ;
Et le songe qu'avaient ébauché nos deux âmes,
Ils le continueront sans pouvoir le finir !

Car personne ici-bas ne termine et n'achève ;
Les pires des humains sont comme les meilleurs ;
Nous nous réveillons tous au même endroit du rêve.
Tout commence en ce monde et tout finit ailleurs.

Oui, d'autres à leur tour viendront, couples sans tache,
Puiser dans cet asile heureux, calme, enchanté,
Tout ce que la nature à l'amour qui se cache
Mêle de rêverie et de solennité !

D'autres auront nos champs, nos sentiers, nos retraites ;
Ton bois, ma bien-aimée, est à des inconnus.
D'autres femmes viendront, baigneuses indiscrètes,
Troubler le flot sacré qu'ont touché tes pieds nus !

Quoi donc ! c'est vainement qu'ici nous nous aimâmes !
Rien ne nous restera de ces coteaux fleuris
Où nous fondions notre être en y mêlant nos flammes !
L'impassible nature a déjà tout repris.

Oh ! dites-moi, ravins, frais ruisseaux, treilles mûres,
Rameaux chargés de nids, grottes, forêts, buissons.
Est-ce que vous ferez pour d'autres vos murmures ?
Est-ce que vous direz à d'autres vos chansons ?

Nous vous comprenions tant ! doux, attentifs, austères,
Tous nos échos s'ouvraient si bien à votre voix !
Et nous prêtions si bien, sans troubler vos mystères,
L'oreille aux mots profonds que vous dites parfois !

Répondez, vallon pur, répondez, solitude,
O nature abritée en ce désert si beau,
Lorsque nous dormirons tous deux dans l'attitude
Que donne aux morts pensifs la forme du tombeau,

Est-ce que vous serez à ce point insensible
De nous savoir couchés, morts avec nos amours,
Et de continuer votre fête paisible,
Et de toujours sourire et de chanter toujours ?

Est-ce que, nous sentant errer dans vos retraites,
Fantômes reconnus par vos monts et vos bois,
Vous ne nous direz pas de ces choses secrètes
Qu'on dit en revoyant des amis d'autrefois ?

Est-ce que vous pourrez, sans tristesse et sans plainte,
Voir nos ombres flotter où marchèrent nos pas,
Et la voir m'entraîner, dans une morne étreinte,
Vers quelque source en pleurs qui sanglote tout bas ?

Et s'il est quelque part, dans l'ombre où rien ne veille,
Deux amants sous vos fleurs abritant leurs transports,
Ne leur irez-vous pas murmurer à l'oreille :
- Vous qui vivez, donnez une pensée aux morts !

Dieu nous prête un moment les prés et les fontaines,
Les grands bois frissonnants, les rocs profonds et sourds
Et les cieux azurés et les lacs et les plaines,
Pour y mettre nos coeurs, nos rêves, nos amours ;

Puis il nous les retire. Il souffle notre flamme ;
Il plonge dans la nuit l'antre où nous rayonnons ;
Et dit à la vallée, où s'imprima notre âme,
D'effacer notre trace et d'oublier nos noms.

Eh bien ! oubliez-nous, maison, jardin, ombrages !
Herbe, use notre seuil ! ronce, cache nos pas !
Chantez, oiseaux ! ruisseaux, coulez ! croissez, feuillages !
Ceux que vous oubliez ne vous oublieront pas.

Car vous êtes pour nous l'ombre de l'amour même !
Vous êtes l'oasis qu'on rencontre en chemin !
Vous êtes, ô vallon, la retraite suprême
Où nous avons pleuré nous tenant par la main !

Toutes les passions s'éloignent avec l'âge,
L'une emportant son masque et l'autre son couteau,
Comme un essaim chantant d'histrions en voyage
Dont le groupe décroît derrière le coteau.

Mais toi, rien ne t'efface, amour ! toi qui nous charmes,
Toi qui, torche ou flambeau, luis dans notre brouillard !
Tu nous tiens par la joie, et surtout par les larmes.
Jeune homme on te maudit, on t'adore vieillard.

Dans ces jours où la tête au poids des ans s'incline,
Où l'homme, sans projets, sans but, sans visions,
Sent qu'il n'est déjà plus qu'une tombe en ruine
Où gisent ses vertus et ses illusions ;

Quand notre âme en rêvant descend dans nos entrailles,
Comptant dans notre coeur, qu'enfin la glace atteint,
Comme on compte les morts sur un champ de batailles,
Chaque douleur tombée et chaque songe éteint,

Comme quelqu'un qui cherche en tenant une lampe,
Loin des objets réels, loin du monde rieur,
Elle arrive à pas lents par une obscure rampe
Jusqu'au fond désolé du gouffre intérieur ;

Et là, dans cette nuit qu'aucun rayon n'étoile,
L'âme, en un repli sombre où tout semble finir,
Sent quelque chose encor palpiter sous un voile...
C'est toi qui dors dans l'ombre, ô sacré souvenir ! "


... dire que c'est longtemps, longtemps, longtemps, longtemps après les études, que je prends honnêtement du plaisir à lire des vers du  "Père Hugo"...

Bonne Soirée à Toutes, Tous.


Sitting Bull

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#13 30-09-2018 07:04:05

ZerrrAAARRR
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Re: Du "Père Hugo" à "Tonton Georges"...

Merci Grand Chef ,
Il faudrait plusieurs vies pour entrevoir les sentiers de la connaissance . Nous n' étudions d' Hugo que les plus vendus . Heureusement que des esthètes exhument de magnifiques textes .
Bonne journée ensoleillée,  mais , sur la Belgique , c' est souvent Byzance.


D' accord, mais de mort lente

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#14 10-10-2018 18:07:29

Gastibelza77
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Re: Du "Père Hugo" à "Tonton Georges"...

Merci à toi, Sitting', pour cet intéressant sujet. J'y ajoute La légende de la Nonne, magnifiquement mise en musique par Georges. Le rythme de chaque strophe accélère progressivement, comme le rythme cardiaque sous l'effet de sentiments amoureux (image renforcée par l'emploi de l'octosyllabe, comme c'est aussi le cas de certaines œuvres de Louise Labé)... qui sont l'une des thématiques centrales du poème de Hugo. Des vingt-quatre strophes initiales, Georges en a tiré les neuf que vous savez... smile

> https://www.youtube.com/watch?v=5CFP58544SM


Sébastien

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#15 11-10-2018 18:37:46

Sitting Bull
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Re: Du "Père Hugo" à "Tonton Georges"...

Agathe Fallet (la " gars" - tte Fallet, féminin-sobriquet  de gars, dans  le Bourbonnais ça équivaut à Monsieur, on dit : le gars Fallet), jeune compagne de  René Fallet (ce dernier dont on connait les articles des débuts de Brassens, et ses romans dits populistes), Agathe Fallet a rencontré Brassens durant l'été 1955. 

La "gatte Fallet" de son vrai nom Michelle Dubois, en 1955, jeune  amoureuse de 16 ans du "gars Fallet", René Fallet  l'avait amenée chez Georges Brassens qui, respect de l'aîné à la damoiselle , lui témoigna une gentillesse protectrice.


Agathe Fallet :

"Moi, j'étais morte de peur et je le trouvais solidement fou, raconte-t-elle.
A l'époque, je ne connaissais pas ses chansons, interdites sur les ondes. J'étais plutôt une fan de Bécaud!
Mais Brassens m'impressionna.
Il avait une culture encyclopédique, littéraire et poétique, et une mémoire exceptionnelle.
J'étudiais «Ruy Blas», et il m'en récitait tous les rôles".

.........................................


Brassens , s'il aimait dire des vers, souvent en les "casant" au milieu d'une conversation, il n'aimait pas jouer la comédie (il aurait été "mauvais" au théâtre) , ce qui  ne l'empêchait pas de dénicher la beauté d'un texte bien écrit, et en ce domaine, d'avoir beaucoup lu Victor Hugo, il nous prouve, ici, à quel point, il "étudiait" l'œuvre et l'auteur.

Voici une courte réplique de RUY BLAS de la bouche de Georges Brassens, lors d'une émission-radio "Campus" :


CLIC ci-dessous


http://www.georgesbrassens-gb.eu/Medias … y_Blas.mp3


Petite "Tirade"  sans prétention que je trouve bien plaisante


......................




Ah !...  -  Quand tu sortiras, les oisifs vont te suivre.
Fais par ta contenance honneur à la boisson.
Sache te comporter d'une noble façon.
S'il tombe par hasard des écus de tes chausses,
Laisse tomber ; - et si des essayeurs de sauces,
Des clercs, des écoliers, des gueux qu'on voit passer,
Les ramassent, - mon cher, laisse-les ramasser.
Ne sois pas un mortel de trop farouche approche.
Si même ils en prenaient quelques-uns dans ta poche,
Sois indulgent. Ce sont des hommes comme nous.
Et puis il faut, vois-tu, c'est une loi pour tous,
Dans ce monde, rempli de sombres aventures,
Donner parfois un peu de joie aux créatures

Tous ces gens-là seront peut-être un jour pendus !
Ayons donc les égards pour eux qui leur sont dus !

............................................



Bonne  Soirée à Toutes, Tous.

Dernière modification par Sitting Bull (11-10-2018 18:51:26)


Sitting Bull

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#16 24-10-2018 11:57:14

Sitting Bull
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Re: Du "Père Hugo" à "Tonton Georges"...

Georges Brassens parle de Victor Hugo .

Merci à notre regretté Philippe Petit pour ce petit bidouillage lien URL-mp3, toujours opérationnel;

cliquez, ci dessous :

http://www.georgesbrassens-gb.eu/Docume … lza_GB.mp3



D'après Mario Poletti, dans son livre, "Brassens l'Ami",

Georges Brassens aimait beaucoup, de Victor Hugo, cette image de la faucille d'or pour décrire la lune.

Si vous reprenez le document sonore ci-dessus vous l'entendrez le dire (pas le poème ci-dessous, mais cette allusion à la faucille d'or).


Ruth songeait et Booz dormait ; l'herbe était noire ;
Les grelots des troupeaux palpitaient vaguement ;
Une immense bonté tombait du firmament ;
C'était l'heure tranquille où les lions vont boire.

Tout reposait dans Ur et dans Jéridameth ;
Les astres émaillaient le ciel profond et sombre ;
Le croissant fin et clair parmi ces fleurs de l'ombre
Brillait à l'occident, et Ruth se demandait,

Immobile, ouvrant l'œil à moitié sous ses voiles,
Quel Dieu, quel moissonneur de l'éternel été,
Avait, en s'en allant, négligemment jeté
Cette faucille d'or dans le champs des étoiles.

........


Ce poème est plus long, et vous le découvrirez là :

http://www.etudes-litteraires.com/hugo- … iecles.php


Bonne Journée à Toutes, Tous.


Sitting Bull

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#17 26-02-2019 12:55:31

Sitting Bull
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Re: Du "Père Hugo" à "Tonton Georges"...

26 février 1802

Ce siècle avait deux ans ! Rome remplaçait Sparte,
Déjà Napoléon perçait sous Bonaparte,
Et du premier consul, déjà, par maint endroit,
Le front de l'empereur brisait le masque étroit.


26 février 1802, naissance de Victor Hugo

Alors dans Besançon, vieille ville espagnole,
Jeté comme la graine au gré de l'air qui vole,
Naquit d'un sang breton et lorrain à la fois
Un enfant sans couleur, sans regard et sans voix ;
Si débile qu'il fut, ainsi qu'une chimère,
Abandonné de tous, excepté de sa mère,
Et que son cou ployé comme un frêle roseau
Fit faire en même temps sa bière et son berceau.


[...]


https://poesie.webnet.fr/lesgrandsclass … t_deux_ans



Le vers souvent bien ciselé, j'en suis convaincu, d'avoir beaucoup lu le  "Père Hugo", ça transcende chez Brassens.


Sitting Bull

à Georges Brassens,   CLIC -> -> -> ->  http://ca-rime-a-rien-ca-rime-atout.sim … /442762609

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#18 15-04-2019 20:10:53

pat
Membre
Date d'inscription: 12-02-2008
Messages: 1658

Re: Du "Père Hugo" à "Tonton Georges"...

Les images de Notre-Dame entrain de brûler sont épouvantables,Quasimodo et Esméralda doivent pleurer dans les bras du père Hugo.

Je suis très choqué ,comment aurait on pu imaginer une telle catastrophe.


Pendant quelques instants secrets...

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#19 16-04-2019 04:48:02

Gaston
Administrator
Lieu: Paris
Date d'inscription: 12-09-2007
Messages: 1684

Re: Du "Père Hugo" à "Tonton Georges"...

Une grande part de notre histoire partie en fumée ...
Notre génération ne verra plus Notre Dame de Paris.
Dramatique !


« La télépathie, c’est le téléphone de demain.  »
-Raymond Devos-

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#20 16-04-2019 06:35:20

Bagou
Membre
Date d'inscription: 21-09-2006
Messages: 901

Re: Du "Père Hugo" à "Tonton Georges"...

Tragique !
Très triste ce matin de voir les l'ampleur des dégâts .

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#21 16-04-2019 06:43:30

Daniela Vighesso
Membre
Date d'inscription: 09-06-2013
Messages: 1379

Re: Du "Père Hugo" à "Tonton Georges"...

Cela brûle aussi de ce côté des Alpes. Je me suis endormi les larmes aux yeux, comme si S. Marco à Venise ou la cathédrale de Pise étaient en train de brûler, c'est la même chose. Je n'ai pas de mots à dire. .

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#22 16-04-2019 07:41:14

korrigan
Membre
Date d'inscription: 22-07-2009
Messages: 85

Re: Du "Père Hugo" à "Tonton Georges"...

Inutile de vous dire que la nuit fut longue, très longue .. il faut maintenant retrousser les manches et la reconstruire, elle ne peut pas ne plus exister.

Ce montage date un peu mais j'ai pensé qu'il pouvait avoir sa place ici

http://i67.tinypic.com/1z17o21.jpg

Dernière modification par korrigan (16-04-2019 08:19:12)


Le temps ne fait rien à l'affaire ....

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#23 16-04-2019 13:01:32

copains d accord s
Membre
Lieu: Baraqueville
Date d'inscription: 08-11-2003
Messages: 2186
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Re: Du "Père Hugo" à "Tonton Georges"...

Victor Hugo l' a écrit :

Tous les yeux s’étaient levés vers le haut de l’église. Ce qu’ils voyaient était extraordinaire. Sur le sommet de la galerie la plus élevée, plus haut que la rosace centrale, il y avait une grande flamme qui montait entre les deux clochers avec des tourbillons d’étincelles, une grande flamme désordonnée et furieuse dont le vent emportait par moments un lambeau dans la fumée. Au-dessous de cette flamme, au-dessous de la sombre balustrade à trèfles de braise, deux gouttières en gueules de monstres vomissaient sans relâche cette pluie ardente qui détachait son ruissellement argenté sur les ténèbres de la façade inférieure». V. Hugo

Et étrange prédiction, un des copains d'accord's aujourd'hui auteur l'a imaginé dans le tome 3 paru en 2010 de la série de Science Fiction BD  Prométhée : Notre Dame est en feu en 2019. Il s'est juste trompé de 5 mois. C'est écrit septembre

https://zupimages.net/up/19/16/y7rc.jpg

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#24 16-04-2019 21:11:31

Sitting Bull
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Date d'inscription: 30-11-2007
Messages: 7507
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Re: Du "Père Hugo" à "Tonton Georges"...

Anges du paradis culte d'un dieu grandiose
Les flammes d'un brasier d'un enfer en symbiose
A meurtri Notre Dame... a éborgné Paris
Une masse en péril sous tant d'yeux ahuris

L'impuissance impensable et face au gigantisme
Le feu incandescent d'un Satan du cynisme
L'élément destructeur a donc beaucoup détruit
Le choeur puis tous nos coeurs  émus et tant meurtris

Faut-il croire au destin qui notre orgueil éprouve
Quand devant ce sinistre une union se retrouve
Désastre consumé personne de perdu
Seul le passé est mort...la légende a fondu...

Vous  les Victor Hugo qui vénérez la pierre
Les maçons de fortune à l'âme d'un Saint-Pierre
Hommes qui font la joie en nouveaux bâtisseurs
Cimentez votre esprit l'espoir  "re... constructeur" !


JP F. Sitting Bull (16/04/2019)

Dernière modification par Sitting Bull (17-04-2019 17:07:01)


Sitting Bull

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#25 17-04-2019 05:38:58

Bagou
Membre
Date d'inscription: 21-09-2006
Messages: 901

Re: Du "Père Hugo" à "Tonton Georges"...

Joliment écrit !

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